Ethereum (ETH) franchit une étape importante pour rendre son réseau plus rapide et moins coûteux. La mise à niveau Glamsterdam a été activée cette semaine sur un réseau de test public. Les premiers résultats sont prometteurs : la capacité maximale a déjà plus que triplé. Reste toutefois à vérifier si Ethereum peut supporter cette hausse en période de très forte activité.

Ethereum augmente sa capacité de plus de 230 %

La mise à niveau Glamsterdam a été activée mardi sur Sepolia, un réseau de test où les développeurs évaluent de nouvelles fonctionnalités avant leur déploiement sur le réseau principal d’Ethereum.

Jeudi, Sepolia produisait déjà des blocs dont la capacité maximale approchait les 200 millions d’unités de gas, contre un plafond d’environ 60 millions auparavant. La capacité disponible a ainsi augmenté de plus de 230 %.

Le gas est l’unité utilisée par Ethereum pour mesurer les ressources de calcul nécessaires à l’exécution des transactions. Plus la quantité de gas disponible est élevée, plus le réseau peut, en principe, traiter d’opérations.

Cette hausse peut faire une réelle différence lors des pics d’activité. Lorsque de nombreux utilisateurs effectuent des transactions simultanément, ils se disputent l’espace disponible dans les blocs, ce qui peut faire fortement grimper les frais.

Avec Glamsterdam, Ethereum entend réduire cette pression. Le réseau doit pouvoir traiter davantage de transactions avant que les frais ne commencent à augmenter fortement.

Une limite de gas plus que triplée ne signifie toutefois pas qu’Ethereum pourra traiter trois fois plus de transactions. La mise à niveau modifie également la quantité de gas consommée par certaines opérations.

Les premières mesures montrent par ailleurs que cette capacité supplémentaire reste, pour l’instant, peu sollicitée.

Selon une analyse de CoinDesk portant sur plus de 25 blocs consécutifs, la consommation réelle de gas se situait entre 52 et 92 millions d’unités. Seuls 26 à 46 % de la capacité disponible étaient donc utilisés.

Aucun des blocs étudiés n’a atteint le nouveau plafond.

C’est précisément l’un des enjeux de la prochaine phase de test. Lorsque les blocs sont pleins, les ordinateurs qui font fonctionner Ethereum doivent traiter beaucoup plus de données. Les développeurs doivent encore vérifier que le réseau reste stable dans ces conditions.

Un autre test a en revanche donné des résultats positifs. Lors d’un essai distinct de six minutes, les 32 blocs prévus ont tous été proposés.

Selon les données d’ethPandaOps, le réseau a alors atteint un taux de finalité de 99,97 %, pondéré par la quantité d’ETH mise en jeu. Ce résultat indique que la quasi-totalité des validateurs participants se sont accordés sur la validation définitive des transactions.

Glamsterdam vise un Ethereum plus rapide et moins coûteux

L’augmentation de la capacité n’est qu’un volet de Glamsterdam. La mise à niveau comprend aussi plusieurs améliorations techniques destinées à rendre Ethereum plus efficace.

L’un des principaux changements concerne la coordination entre les acteurs qui regroupent les transactions et les validateurs qui vérifient les nouveaux blocs.

Avec Glamsterdam, cette répartition des tâches sera inscrite dans les règles du réseau. Les validateurs disposeront ainsi de davantage de temps pour vérifier que les transactions ont été correctement traitées.

Les comptes et les données stockées nécessaires à l’exécution des transactions seront également identifiés à l’avance. Les ordinateurs pourront ainsi récupérer ces informations en amont, plutôt que de devoir attendre pendant le traitement.

Certaines transactions pourront par ailleurs être vérifiées simultanément.

Le principe est comparable à celui d’un supermarché doté de plusieurs caisses. Si tous les clients doivent passer par une seule caisse, la file d’attente s’allonge rapidement. En ouvrant plusieurs caisses à la fois, le magasin peut servir davantage de clients dans le même laps de temps.

Pour Ethereum, cette évolution pourrait représenter une amélioration importante. Le réseau n’aurait plus à effectuer toutes les opérations les unes après les autres, ce qui permettrait de mieux exploiter la capacité disponible.

Cela ne signifie pas pour autant que toutes les transactions pourront être exécutées simultanément. Certaines opérations dépendent les unes des autres et devront toujours être traitées dans un ordre précis.

Cette hausse de capacité comporte aussi des risques.

Si Ethereum traite davantage de transactions, les ordinateurs qui assurent son fonctionnement devront vérifier et stocker de plus grands volumes de données. Les exigences matérielles pourraient donc augmenter.

Les développeurs veulent éviter que seuls les utilisateurs équipés d’ordinateurs particulièrement puissants puissent encore participer au réseau. Une telle évolution risquerait de fragiliser la décentralisation d’Ethereum.

Le coût en gas de certaines opérations, notamment le stockage et la consultation des données, sera également modifié.

Ces changements pourraient avoir des conséquences pour les développeurs d’applications. Certaines reposent sur la structure de coûts actuelle et pourraient fonctionner différemment si celle-ci évolue.

Les développeurs devront donc tester à nouveau leurs applications avant le déploiement de Glamsterdam sur le réseau principal.

Quand la mise à niveau d’Ethereum sera-t-elle déployée ?

La prochaine grande étape de test est provisoirement prévue pour le 27 octobre. Glamsterdam doit alors être activée sur Hoodi, un autre réseau de test public d’Ethereum.

Cette date n’est pas encore confirmée. Les développeurs souhaitent d’abord examiner les résultats obtenus sur Sepolia avant de décider si la phase suivante peut commencer.

Aucune date n’a encore été fixée pour le déploiement sur le réseau principal d’Ethereum.

À terme, cette mise à niveau pourrait faire une réelle différence pour les utilisateurs. Si Ethereum peut traiter davantage de transactions, les frais pourraient être mieux contenus lors des pics d’activité.

L’enjeu concerne aussi la poursuite de la croissance du réseau. Ethereum accueille de nombreuses applications, notamment des services financiers numériques et des programmes qui exécutent automatiquement des transactions.

Une activité accrue impose toutefois une charge plus importante au réseau. Glamsterdam doit permettre à Ethereum de mieux absorber cette croissance, sans compromettre sa rapidité ni sa fiabilité.

Les prochains tests devront surtout montrer comment le réseau réagit lorsque sa nouvelle capacité est pleinement utilisée.

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