L’Europe risque de creuser encore son retard face aux autres grandes puissances économiques. Mario Draghi veut inverser la tendance. L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) a fondé la Rhine Group avec plusieurs dizaines de dirigeants, d’économistes et d’entrepreneurs influents. Ce groupe doit proposer des pistes pour renforcer la compétitivité européenne.
Parmi les 55 membres figurent de grands noms de l’entreprise, du monde universitaire et de la politique en Europe. Plusieurs Néerlandais ont également rejoint l’initiative.
Draghi veut renforcer la compétitivité européenne
La Rhine Group a été lancée le 24 août et s’inscrit dans le prolongement du rapport remarqué publié par Mario Draghi en 2024 sur l’avenir de l’économie européenne. Il y alertait déjà sur la nécessité, pour l’Europe, d’engager des changements profonds afin de ne pas décrocher davantage sur le plan économique.
Selon les initiateurs du projet, la situation s’est encore compliquée depuis. L’Europe accuse notamment un retard dans les nouvelles technologies susceptibles de façonner l’économie mondiale au cours des prochaines décennies.
Les fondateurs estiment que « l’Europe est faible dans chacune des technologies émergentes qui façonneront les prochaines décennies ».
Mario Draghi codirige la Rhine Group avec Patrick Collison, cofondateur et directeur général de la société de paiement Stripe. L’économiste espagnol Luis Garicano en devient le directeur exécutif. La première réunion du groupe est prévue du 20 au 23 septembre.
La composition du groupe témoigne de l’ampleur du soutien dont bénéficie l’initiative. La France et l’Allemagne fournissent chacune douze participants, soit les plus fortes délégations. Viennent ensuite l’Italie avec sept membres, le Royaume-Uni avec six et l’Espagne avec cinq.
De grands noms rejoignent la Rhine Group
La liste ne se limite pas aux économistes. Elle rassemble aussi des entrepreneurs influents, d’anciens responsables politiques, des chercheurs et des personnalités des médias.
On y trouve notamment Michael Miebach, directeur général de Mastercard, Sebastian Siemiatkowski, patron de Klarna, Tobi Lütke, directeur général de Shopify, ainsi que Niklas Zennström, fondateur d’Atomico. L’ancien président estonien Toomas Hendrik Ilves et les prix Nobel Philippe Aghion et Bengt Holmström font également partie du groupe.
Plusieurs figures de premier plan des médias sont aussi associées à l’initiative, dont Roula Khalaf, directrice de la rédaction du Financial Times, Zanny Minton Beddoes, rédactrice en chef de The Economist, et Louis Dreyfus, président du directoire et éditeur du Groupe Le Monde.
Les Pays-Bas sont également représentés. L’ancien ministre Robbert Dijkgraaf participe au groupe, tout comme Annette Mosman, dirigeante d’APG, et l’ancienne ministre Karien van Gennip, désormais membre du conseil de surveillance d’ASML. Bruno Le Maire, ancien ministre français de l’Économie et des Finances et aujourd’hui conseiller spécial du conseil d’administration d’ASML, figure lui aussi sur la liste des membres.
Un nom remarqué parmi les poids lourds européens
Un membre retient particulièrement l’attention : Leopold Aschenbrenner, fondateur et directeur des investissements de Situational Awareness. Il s’était fait connaître par ses analyses sur le développement rapide de l’intelligence artificielle, avant de lancer son propre fonds d’investissement.
Situational Awareness s’est retrouvé sous le feu des critiques l’été dernier, après que ses actifs sous gestion auraient fortement chuté à la suite d’une série d’appels de marge. Selon les informations communiquées, ils seraient passés d’environ 45 milliards de dollars à près de 10 milliards de dollars, soit une perte d’environ 35 milliards de dollars.
La Rhine Group réunit ainsi des profils très différents. Leur point commun, selon l’organisation, est la conviction que l’Europe doit renforcer sa position économique. Les prochaines réunions devront montrer quelles propositions concrètes le groupe entend mettre sur la table.
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