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Kevin Warsh, le nouveau président de la Réserve fédérale, ne souhaite pas seulement modifier la politique monétaire. Il veut également changer la façon dont la banque centrale américaine communique.

Selon Warsh, la Fed parle trop. Les banquiers centraux envoient constamment des signaux sur les attentes de taux, les prévisions économiques et les choix de politique à venir. Cela se fait notamment par le biais de conférences de presse, de discours et du célèbre « dot plot », où les membres de la Fed indiquent leurs prévisions de taux pour les années à venir.

Warsh estime que cela est dangereux. D’après lui, les décideurs peuvent devenir « prisonniers de leurs propres mots » lorsqu’ils prédisent trop explicitement l’évolution de l’économie ou des taux d’intérêt.

La Fed comme machine à récits économiques

Les banques centrales influencent l’économie non seulement par des hausses et baisses de taux, mais aussi par leurs déclarations. C’est ce qu’on appelle l’orientation prospective. La banque centrale informe ainsi le marché de ses intentions probables, permettant aux investisseurs, aux entreprises et aux ménages d’anticiper.

Cela a particulièrement bien fonctionné après la crise financière, lorsque les taux étaient proches de zéro. Les banques centrales avaient peu de marge pour baisser davantage les taux et ont utilisé la communication comme un instrument politique supplémentaire.

Lorsque la Fed annonçait que les taux resteraient bas longtemps, les marchés pouvaient s’adapter. Cela a fait baisser les taux, soutenu les actions et donné plus d’oxygène à l’économie.

Un monde devenu trop incertain

Mais selon Warsh, cette approche convient moins à l’époque actuelle. Le monde est devenu bien plus imprévisible. L’inflation ne dépend pas seulement de la demande intérieure, mais aussi des guerres, des prix de l’énergie, des conflits commerciaux, de la géopolitique et des chocs sur les chaînes d’approvisionnement.

Cela rend les prévisions difficiles. Les chiffres récents le montrent. L’inflation des prix à la consommation aux États-Unis est de 3,8 % et celle des producteurs de 6 %. Dans le même temps, le taux d’intérêt à 10 ans est d’environ 4,5 %.

Dans un tel contexte, une prévision de taux peut rapidement devenir obsolète. Si la Fed communique de manière trop catégorique, elle devra revenir sur ses signaux précédents. Cela pourrait nuire à sa crédibilité.

Moins de « dot plots », moins d’orientation prospective

Warsh semble donc vouloir réduire la communication de la Fed. Il ne souhaite probablement pas supprimer toutes les conférences de presse et rapports, car la banque centrale doit rendre des comptes. Mais il pourrait diminuer les « dot plots » et autres formes d’orientation prospective.

Cela pourrait rendre la banque centrale plus flexible. Les décideurs pourraient alors réagir plus efficacement aux nouvelles données, sans que les investisseurs ne se réfèrent immédiatement à des déclarations antérieures.

Cependant, une communication réduite n’est pas sans risque. Les marchés apprécient la clarté. Si la Fed donne moins de directives, les investisseurs pourraient devenir plus nerveux. L’incertitude sur les taux peut provoquer plus de volatilité sur les actions, les obligations, l’or et le Bitcoin (BTC).

Cela est important pour le Bitcoin. La cryptomonnaie réagit fortement aux attentes de taux et à la liquidité. Si la Fed communique moins clairement, les marchés pourraient réagir plus fortement aux chiffres de l’inflation, aux données sur le marché du travail et aux déclarations des différents membres de la Fed.

Une Fed plus discrète ne signifie donc pas nécessairement des marchés plus calmes. Cela peut au contraire rendre chaque publication macroéconomique plus importante.

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