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Chainlink (LINK) s’est imposé comme l’un des principaux projets d’infrastructure du secteur crypto. Des poids lourds financiers comme SWIFT, JPMorgan, UBS et Mastercard testent ou utilisent déjà sa technologie pour des applications blockchain. Pourtant, le cours du LINK reste encore inférieur d’environ 86 % à son record de 2021. Comment l’un des projets blockchain les plus utilisés peut-il accuser un tel retard en Bourse crypto ?

Les blockchains ne peuvent pas traiter seules les informations provenant du monde extérieur. Un smart contract ne sait pas automatiquement, par exemple, quel est le prix d’une action, si un paiement a été reçu ou à quelle date une obligation arrive à échéance.

Chainlink répond à ce problème grâce à des « oracles ». Ces outils récupèrent des données externes et les transmettent de manière sécurisée aux blockchains. Les établissements financiers peuvent ainsi connecter leurs systèmes traditionnels à des réseaux blockchain.

Le Cross Chain Interoperability Protocol (CCIP) joue aussi un rôle de plus en plus important. Cette technologie permet à différentes blockchains de communiquer entre elles en toute sécurité et d’échanger des actifs numériques.

C’est précisément ce qui attire l’attention des grands acteurs financiers. SWIFT travaille avec Chainlink sur des solutions permettant aux banques d’effectuer des transactions sur plusieurs blockchains. JPMorgan, UBS, ANZ, Fidelity International, DTCC, Euroclear et Mastercard expérimentent également cette technologie dans le cadre de projets de tokenisation.

Sur le papier, Chainlink semble donc très bien placé pour tirer parti de l’adoption croissante de la blockchain par les institutionnels.

Pourtant, le cours du LINK évolue actuellement autour de 7 dollars, très loin de son record d’environ 53 dollars atteint en 2021.

LINK se négocie toujours nettement sous son record de 2021. Source : TradingView.

La principale explication tient au fait que la croissance du réseau ne se traduit pas automatiquement par une demande accrue de LINK.

De nombreux partenariats en sont encore au stade des tests. Les banques paient bien pour certains services, mais les revenus restent pour l’instant limités. Il n’y a donc pas encore de pression acheteuse structurelle sur le token.

La situation rappelle celle de Ripple. Là aussi, la croissance de l’entreprise ne provoque pas automatiquement une hausse de la demande de XRP. La technologie peut rencontrer le succès, sans que le token en bénéficie pleinement.

Chainlink cherche à réduire cet écart. Grâce au staking, les détenteurs peuvent immobiliser leurs LINK afin de sécuriser le réseau. Par ailleurs, une réserve stratégique utilise une partie des revenus du protocole pour acheter et conserver du LINK.

Pour l’heure, ces mécanismes restent toutefois de taille relativement modeste.

Le principal catalyseur potentiel reste le déploiement à grande échelle, en conditions réelles, des partenariats avec les institutions financières.

Lorsque des acteurs comme SWIFT et d’autres banques traiteront effectivement d’importants volumes de transactions via Chainlink, l’utilisation du réseau pourrait se répercuter beaucoup plus fortement sur la demande de LINK.

D’ici là, Chainlink demeure une exception notable sur le marché crypto. Le projet est adopté par un nombre croissant de grandes institutions financières, tandis que le cours de son token reflète encore très peu ce succès.

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