Ce soir, Wall Street aura de nouveau les yeux rivés sur la banque centrale américaine. Le scénario est clair : la Fed devrait relever ses taux de 0,25 point de pourcentage.
La décision paraît importante. Elle l’est, à court terme. Mais à regarder au-delà de l’écran du trader intrajournalier, cette hausse de taux ne règle pas le problème de fond.
Le marché a déjà largement intégré ce relèvement. Si le président Kevin Warsh ne crée pas de surprise lors de sa conférence de presse, je n’attends donc pas de grands mouvements. Le véritable enjeu ne se situe pas du côté du taux directeur, mais des taux longs.
Les rendements américains à 10 ans et à 30 ans évoluent désormais à leurs plus hauts niveaux depuis 2007. Un quart de point supplémentaire de la Fed n’y changera pas grand-chose.
Recevoir gratuitement cette analyse chaque jour par e-mail ?
Vous voulez suivre les principales évolutions des marchés financiers ? Abonnez-vous gratuitement à Finspresso Macchiato.
Rejoignez plus de 600 lecteurs qui reçoivent chaque jour ouvré un point complet sur les marchés dans leur boîte mail. Et le mieux, c’est que c’est entièrement gratuit.
Le prix du capital augmente
Pourquoi les taux longs restent-ils aussi obstinément élevés ?
Parce que la demande de capitaux est tout simplement considérable.
- Les États doivent emprunter toujours davantage pour financer leurs déficits budgétaires et refinancer leurs dettes existantes.
- Les entreprises, de leur côté, investissent massivement dans la révolution de l’IA. Là où les géants de la tech utilisaient autrefois leurs flux de trésorerie pour racheter leurs propres actions, chaque dollar, et parfois davantage, part désormais dans les centres de données, les puces, les infrastructures énergétiques et la puissance de calcul.
- À cela s’ajoute le fait que, après 2008, les banques centrales ont été pendant des années de grands acheteurs d’obligations d’État. Cette période est révolue. Il y a donc moins de capitaux injectés dans le système, alors même que la demande augmente.
La conséquence est assez simple : quand la demande de capitaux augmente, le prix du capital augmente lui aussi. Ce prix, c’est le taux d’intérêt.
Une hausse surtout symbolique
Pour faire réellement baisser les taux longs, il faudrait que la demande de capitaux diminue. Une seule hausse de 0,25 point de pourcentage n’y suffira pas.
Il faudrait probablement un cycle beaucoup plus vigoureux. Quatre, six ou huit hausses de taux pourraient réellement freiner l’économie. Mais on se rapprocherait alors rapidement d’une récession.
C’est là que le bât blesse. Pourquoi un gouvernement pousserait-il délibérément sa propre économie dans le fossé, alors que sa dette publique devient justement de plus en plus coûteuse ?
Bien sûr, ce relèvement des taux produit un effet. La Fed regagne un peu de crédibilité et freine la demande à la marge. Mais, à vrai dire, cela ressemble surtout à une hausse de taux pour la galerie.
Il va falloir s’habituer à des taux plus élevés
La révolution de l’IA ne s’arrêtera pas pour autant. La pénurie de pétrole ne disparaîtra pas non plus. Pour l’instant, l’économie mondiale doit apprendre à vivre avec des taux plus élevés, ou peut-être plus exactement : plus normaux. Historiquement, un rendement à 10 ans autour de 5 % n’a rien d’extrême. Il en donne seulement l’impression parce que nous avons été habitués pendant des années à l’argent gratuit.
Pour les actions, ce niveau n’a d’ailleurs pas nécessairement été fatal ces dernières années. Le marché haussier porté par l’IA a tenu bon. Le vrai problème concerne pour l’instant l’État américain, qui doit refinancer une part toujours plus importante de sa montagne de dette à ces taux.
Et c’est nettement moins confortable qu’une conférence de presse de Kevin Warsh.
Le Canada pourrait devenir le premier membre associé de l’UE
L’UE souhaite accueillir le Canada comme premier membre associé et renforcer sa coopération avec Ottawa dans le commerce, la défense, la technologie et l’énergie.
Les États-Unis ont des armes dans l’espace, leurs capacités restent secrètes
Les États-Unis reconnaissent pour la première fois disposer d’armes dans l’espace, tandis que la Chine met en garde contre une nouvelle course aux armements.
Le bitcoin et les cryptos reculent après un revers pour la loi CLARITY
Les élus républicains rejettent un contre-projet à la loi CLARITY. Dans le même temps, le bitcoin et l’Ethereum reculent à l’approche d’un vote crucial.
Le plus lu
Le XRP à 60 dollars ? Un analyste pointe un seuil décisif
Un analyste estime que le cours du XRP pourrait grimper à 60 dollars si une résistance cruciale venait à céder. Il faudrait pour cela une hausse de plus de 4 000 %.
XRP : la prévision de Grok, l’IA d’Elon Musk, pour fin septembre
Grok estime que le cours du XRP devrait se situer autour de 1,45 à 1,60 dollar fin septembre, tout en laissant la porte ouverte à une hausse plus marquée.
Chez ASML, Macron plaide pour une filière européenne des puces et de l’IA
Le géant néerlandais des équipements pour semi-conducteurs ASML a reçu Emmanuel Macron et Rob Jetten, venus défendre une ambition européenne dans les puces et l’intelligence artificielle. Reste à savoir ce qu’une telle visite peut produire concrètement.