Alors que le bloc des BRICS tentait encore l’an dernier de prendre des initiatives politiques et économiques plus offensives, l’élan semble aujourd’hui largement retombé. Le groupe vacille et a pour l’instant suspendu tout nouvel élargissement, sur fond de divergences politiques croissantes entre ses membres.
L’élargissement accentue les divisions
Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, l’augmentation du nombre de participants complique de plus en plus la prise de décision et met sous pression le modèle de consensus sur lequel repose le groupe.
Lavrov s’est exprimé lors de la conférence Primakov Readings à Moscou. D’après lui, le récent passage des BRICS de cinq à dix membres à part entière a fait apparaître de nouvelles tensions et des intérêts divergents. Treize pays disposent par ailleurs désormais d’un statut de partenaire.
Les BRICS sont nés d’une coopération entre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud. L’organisation entend donner davantage de poids aux économies émergentes dans le système financier et politique international. Ces dernières années, la Russie et la Chine ont particulièrement soutenu une expansion rapide vers des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.
Mais cette croissance rend, selon Lavrov, plus difficile l’élaboration de positions communes. Les BRICS prennent leurs décisions importantes par consensus, ce qui suppose l’accord de l’ensemble des membres. Plus le nombre de pays participants augmente, plus le risque de voir s’opposer des intérêts nationaux s’accroît.
Lors d’une récente réunion des ministres des Affaires étrangères, ces tensions sont apparues clairement. L’Iran et les Émirats arabes unis se sont notamment opposés sur la crise dans la région du Golfe. Les pays sont toutefois parvenus, in fine, à s’entendre sur une déclaration finale commune.
Les pays partenaires restent associés
Les BRICS ne souhaitent pas, pour l’instant, accueillir de nouveaux membres à part entière, mais les pays partenaires continueront de participer aux réunions. Le groupe peut ainsi élargir sa portée internationale sans alourdir davantage son processus décisionnel interne.
Lavrov a souligné que les BRICS entendaient rester délibérément un cadre de coopération informel. La Russie ne souhaite pas transformer le groupe en organisation formelle dotée d’une structure permanente, à l’image des Nations unies. Selon lui, la formule actuelle offre davantage de souplesse et laisse plus de marge pour trouver des compromis.
Le ministre russe a indiqué que cette pause avait déjà été convenue lors de précédentes réunions. Le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping auraient également soutenu cette décision.
Selon Lavrov, un nouvel élargissement reste possible, mais seulement lorsque la coopération entre les membres actuels se sera renforcée. D’ici là, les BRICS entendent se concentrer principalement sur les initiatives existantes, de nouveaux partenariats et la réduction de leurs divergences politiques internes.
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