Le cours du Bitcoin (BTC) recule depuis près d’un an, mais le récit de fond n’a guère changé. C’est en tout cas l’analyse de Grayscale, qui ne se laisse pas déstabiliser par le marché baissier.
Dans une nouvelle note de blog, le gestionnaire d’actifs spécialisé dans les cryptomonnaies avance trois raisons pour lesquelles l’adoption du Bitcoin continue de progresser, indépendamment de l’évolution du cours à court terme.
Les dettes publiques poussent les investisseurs vers la rareté
La première tient à un problème mondial majeur : l’énorme endettement des États, qui dépensent depuis des années davantage que ce qu’ils perçoivent en impôts.
Le Japon arrive en tête, avec une dette publique supérieure à 230 % du PIB. La Grèce évolue autour de 145 %, l’Italie autour de 135 % et les États-Unis au-dessus de 120 %.
Un tel stock de dette se forme assez simplement. Un État finance son déficit sur le marché obligataire et paie des intérêts ; tant que le déficit persiste, ces intérêts doivent eux aussi être financés par l’emprunt.
À un certain stade, le marché n’accepte plus ces obligations qu’en échange d’un rendement plus élevé. La banque centrale entre alors en scène : elle rachète de la dette avec de la monnaie nouvellement créée, afin de faire baisser les taux, ce qui augmente la masse monétaire.
C’est là que se trouve le cœur de l’inflation. À l’origine, le terme désignait littéralement le gonflement de la masse monétaire, et non les prix dans les rayons des supermarchés.
La hausse des prix en est la conséquence : davantage d’argent poursuit la même quantité de biens.
Une situation qui profite surtout aux États. La dette est libellée en dollars, tandis que les prix, les salaires et donc les recettes fiscales augmentent.
Le poids de la dette diminue ainsi par rapport à l’économie, sans qu’un seul dollar soit remboursé. La facture est supportée par le détenteur d’obligations, remboursé dans des dollars qui valent moins.
Pour protéger son pouvoir d’achat, il faut se tourner vers des actifs que personne ne peut créer à volonté. L’or est une couverture bien connue contre l’inflation, mais le Bitcoin est aussi qualifié d’or numérique en raison de son plafond strict de 21 millions d’unités.
Selon Grayscale, c’est le principal moteur de l’adoption du Bitcoin à long terme.
La blockchain se généralise
La deuxième raison concerne la technologie sous-jacente : la blockchain. Grayscale cite notamment les stablecoins et la tokenisation, qui consiste à représenter des actifs comme des actions ou des obligations sous forme de jetons sur une blockchain, deux usages qui, selon la société, gagnent du terrain dans la finance.
« À mesure que la technologie se diffusera, beaucoup plus d’intermédiaires disposeront de l’infrastructure nécessaire, ainsi que d’un cadre réglementaire plus clair, pour effectuer des transactions en Bitcoin et détenir des soldes en Bitcoin. »
Le Bitcoin ne serait alors plus extérieur au système financier, mais en deviendrait une composante. L’usage croissant de la blockchain supprime tout simplement un obstacle pour les acteurs qui, aujourd’hui encore, tiennent le Bitcoin à distance.
Des dizaines de milliers de milliards en héritage
La troisième raison est démographique. Les baby-boomers et la génération silencieuse détiennent environ 110 000 milliards de dollars, qui seront transmis dans les prochaines décennies aux jeunes générations par héritages et donations.
Selon une étude de la plateforme d’échange Coinbase, 45 % de la génération Z et des millennials possèdent des cryptomonnaies, contre 18 % chez la génération X et les baby-boomers.
« Nous pensons que le prochain transfert intergénérationnel de patrimoine pourrait avoir des implications structurelles pour les cryptomonnaies », avait indiqué Zach Pandl, responsable de la recherche chez Grayscale.
Le graphique utilisé par Grayscale pour étayer l’adoption du Bitcoin montre cette progression depuis quinze ans. Le nombre d’adresses Bitcoin affichant un solde a augmenté presque sans interruption depuis 2011, pour dépasser 55 millions fin juillet.

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