Binance pourrait perdre son accès à l’Union européenne. La plus grande plateforme d’échange de cryptomonnaies au monde n’obtiendrait pas de licence européenne et ne pourra plus servir de clients dans l’UE à partir de juillet.
Binance se heurte à la Grèce
Binance a déposé sa demande de licence MiCA auprès du régulateur grec HCMC. Selon Reuters, qui a interrogé deux sources proches du dossier, cette demande est sur le point d’être refusée.
Sans cette approbation, Binance ne pourra plus proposer de services cryptographiques dans l’UE à partir du 1er juillet. La plateforme perdrait ainsi d’un seul coup l’accès au marché européen.
Binance reste confiant. Un porte-parole indique avoir collaboré de manière constructive avec les régulateurs pendant dix-huit mois et estime que la demande répond à toutes les exigences.
« HCMC n’a pas donné d’indication formelle contraire », a-t-il déclaré à Reuters.
En février, le co-PDG Richard Teng avait salué le marché du travail grec et le profil de sécurité comme étant des avantages par rapport à des centres financiers plus importants. Pourtant, jusqu’à présent, ce pays n’avait délivré aucune licence cryptographique.
Le compte à rebours de MiCA
La pression vient de MiCA, ou Markets in Crypto-Assets. Il s’agit du premier cadre réglementaire européen qui soumet toutes les entreprises cryptographiques aux mêmes règles.
Une entreprise doit s’adresser à un seul régulateur national. Si la licence est accordée, elle sert de passeport pour les 27 pays de l’UE.
La loi est mise en œuvre progressivement. MiCA est entrée en vigueur en juin 2023 et, depuis le 30 juin 2024, les règles s’appliquent aux stablecoins.
À partir du 30 décembre 2024, les plateformes d’échange et les courtiers devront également obtenir une licence. Une ancienne inscription nationale ne suffira plus, bien que les entreprises existantes aient bénéficié d’une période de transition.
Celle-ci se termine au plus tard le 1er juillet 2026. Après cette date, aucune entité sans licence ne pourra plus s’adresser aux clients européens.
Pour Binance, un rejet formel reste à venir, mais l’échéance imminente rend la situation critique.
Binance n’est pas le seul dans cette situation. Selon le cabinet d’avocats Hogan Lovells, environ 75 % des entreprises cryptographiques plus anciennes risquent de perdre le droit d’opérer.
Les régulateurs ont les moyens d’agir. Les autorités nationales peuvent immédiatement arrêter les services non autorisés, réprimander publiquement les entreprises et infliger de lourdes amendes.
Vérifiez donc si votre plateforme dispose d’une licence. Vous pouvez le faire via la liste européenne MiCA ou auprès de votre régulateur national. En l’absence de licence, il serait prudent de transférer vos actifs vers une alternative réglementée.
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