Michael Saylor ne croit pas que le mystère autour de Satoshi Nakamoto soit résolu. Selon le dirigeant de Strategy, l’article du New York Times, qui présente Adam Back comme le probable créateur de Bitcoin, n’est tout simplement pas assez convaincant.

Son objection est claire : une analyse linguistique intéressante ne constitue pas une preuve irréfutable.

Pourquoi Saylor ne croit pas à cette version

Au cœur du débat se trouve la stylométrie, une méthode de comparaison des styles d’écriture pour identifier l’auteur d’un texte. Dans l’article étudié, Adam Back apparaît comme le candidat le plus proche.

Mais pour Saylor, cela ne suffit pas. Il souligne qu’en 2008, des e-mails existaient déjà entre Satoshi et Adam Back. Pour lui, c’est plutôt un indice qu’ils sont deux personnes distinctes.

Sa logique est simple :

  • l’analyse linguistique ne peut fournir qu’un indice ;
  • les anciens e-mails montrent que Satoshi et Back communiquaient entre eux ;
  • il est donc illogique de les considérer automatiquement comme la même personne ;
  • sans preuve cryptographique, toute théorie reste pour lui avant tout une histoire.

Pour Saylor, une seule preuve compte

Pour Saylor, il n’existe finalement qu’une seule manière de prouver l’identité de Satoshi : une signature avec les clés privées des anciens portefeuilles de Satoshi.

Tant que personne ne le fait, chaque révélation reste spéculative à ses yeux. Cette perspective est également partagée par de nombreux maximalistes du Bitcoin. Ni la comparaison stylistique, ni les suppositions, ni le journalisme d’investigation ne pourraient trancher le débat, seule une signature cryptographique le pourrait réellement.

Pourquoi cela est important pour Strategy

Cet avis n’est pas purement théorique. Strategy possède actuellement 766 970 Bitcoins, représentant une exposition énorme à l’idée que Bitcoin est un réseau monétaire décentralisé et sans leader.

C’est crucial, car le succès de Bitcoin repose en partie sur l’absence d’un fondateur central ayant de l’influence sur le réseau. Saylor a souvent affirmé que la disparition de Satoshi a renforcé Bitcoin.

En d’autres termes : pour Strategy, peu importe qui était Satoshi, tant que Bitcoin fonctionne comme un système sans leader.

Le marché a brièvement réagi

Après la publication de l’article, le cours du Bitcoin a brièvement baissé d’environ 2,4 %. Cela montre que de telles histoires attirent encore suffisamment l’attention pour influencer temporairement les cours. Mais Saylor semble accorder peu de valeur à ces fluctuations, qu’il considère comme du bruit plutôt qu’un changement fondamental.

Michael Saylor rejette donc l’idée que l’affaire Satoshi soit close. Pour lui, la conclusion est simple : sans une signature des clés privées de Satoshi, il n’y a pas de preuve définitive.

Newsbit
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