Kevin Warsh entame sa première réunion sur les taux en tant que président de la Réserve fédérale dans un climat de forte tension. L’inflation américaine atteint 3,8 %, soit près de son plus haut niveau en trois ans, et est presque deux fois plus élevée que l’objectif de la banque centrale.
Selon un sondage du Financial Times et de l’université de Chicago, de plus en plus d’économistes estiment que la Fed devra finalement relever les taux d’ici la fin de l’année.

Cela constitue un revirement majeur par rapport à mars, lorsque plus de 60 % des économistes interrogés tablaient encore sur une baisse des taux d’ici la fin de l’année.
La guerre en Iran stimule l’inflation
Ce revirement est principalement dû au choc inflationniste provoqué par la guerre avec l’Iran. La hausse des prix des carburants a de nouveau alimenté l’inflation aux États-Unis. Bien que Washington et Téhéran travaillent désormais à un accord pour rouvrir le détroit d’Hormuz, le problème n’est pas encore résolu.
Les prix du pétrole ont baissé lundi dans l’espoir que l’accord soit signé vendredi. Les prix de l’essence pourraient également diminuer par la suite.
Mais les économistes avertissent qu’une partie des dégâts inflationnistes est déjà intégrée dans l’économie. La hausse des prix de l’énergie se répercute avec retard sur les coûts de transport, de production, de services et les prix à la consommation. Même si la guerre se termine, l’inflation pourrait, selon eux, rester élevée pendant un certain temps.
Warsh devrait probablement maintenir les taux inchangés
La Fed devrait probablement laisser les taux inchangés cette semaine. Warsh ne devrait pas relever les taux lors de sa première réunion. Cependant, le ton au sein de la banque centrale évolue. De plus en plus de décideurs envisagent un scénario où des taux plus élevés s’imposeraient.
Cela s’explique par la stabilisation du marché du travail et la bonne tenue de l’économie. Tant que la croissance économique et l’emploi ne fléchissent pas, la Fed dispose d’une marge de manœuvre pour lutter agressivement contre l’inflation. C’est crucial pour les marchés. La question n’est pas seulement ce que fait la Fed cette semaine, mais surtout comment Warsh se positionne pour le reste de 2026.
Trump veut des taux plus bas, mais les données indiquent le contraire
Donald Trump continue de réclamer une baisse des taux. Pourtant, les économistes pensent que Warsh ne se laissera pas aisément influencer par la Maison-Blanche.
Joe Lavorgna, ancien conseiller économique du ministère américain des Finances, indique que la politique monétaire dépendra en fin de compte de l’économie.
C’est l’essentiel. Warsh a été choisi par Trump, mais il hérite d’une banque centrale confrontée à une inflation élevée, un marché du travail solide et une grande incertitude sur les prix de l’énergie. Si les données plaident en faveur de taux plus élevés, il sera difficile d’ignorer cela.
Le marché des actions suscite également des inquiétudes
Le taux d’intérêt n’est pas le seul risque. De nombreux économistes s’inquiètent également du marché boursier. Près de trois quarts des sondés estiment que la probabilité d’une baisse de 20 % du S&P 500 l’année prochaine est plus élevée que la normale.

La raison en est la base étroite du rallye. Une grande partie de la hausse à Wall Street provient des semi-conducteurs, des actions de l’IA et de quelques mégacapitalisations.
Cela rend le marché vulnérable. Si le récit de l’IA s’essouffle ou si des taux plus élevés mettent la pression sur les valorisations, une correction pourrait rapidement s’étendre. Un économiste a résumé cela pour le Financial Times de manière saisissante.
« Les marchés se comportent comme si le grand danger était le prix des bananes, alors que les véritables excès se situent peut-être plutôt chez SpaceX, l’IA et les placements à risque coûteux », explique Robert Barbera de l’université Johns Hopkins.
Elon Musk relance l’idée d’une fusion géante entre Tesla et SpaceX
Elon Musk évoque de nouveau une possible fusion entre Tesla et SpaceX, alors que les deux entreprises coopèrent de plus en plus étroitement dans plusieurs domaines.
Une start-up néerlandaise de l’IA lève 200 millions d’euros pour défier Nvidia
La start-up néerlandaise d’IA Euclyd a levé 200 millions d’euros auprès d’investisseurs dont Samsung, et entend concurrencer directement Nvidia avec ses propres puces.
LVMH, ex-première capitalisation européenne, sort du top 10
LVMH sort du top 10 européen pour la première fois depuis 2017. Le géant du luxe est-il devenu une opportunité d’achat, ou sa croissance va-t-elle encore ralentir ?
Le plus lu
Le XRP à 60 dollars ? Un analyste pointe un seuil décisif
Un analyste estime que le cours du XRP pourrait grimper à 60 dollars si une résistance cruciale venait à céder. Il faudrait pour cela une hausse de plus de 4 000 %.
XRP : la prévision de Grok, l’IA d’Elon Musk, pour fin septembre
Grok estime que le cours du XRP devrait se situer autour de 1,45 à 1,60 dollar fin septembre, tout en laissant la porte ouverte à une hausse plus marquée.
Chez ASML, Macron plaide pour une filière européenne des puces et de l’IA
Le géant néerlandais des équipements pour semi-conducteurs ASML a reçu Emmanuel Macron et Rob Jetten, venus défendre une ambition européenne dans les puces et l’intelligence artificielle. Reste à savoir ce qu’une telle visite peut produire concrètement.