Les actions européennes surperforment nettement leurs homologues américaines cette semaine. Alors que les investisseurs se montrent plus prudents à l’égard de l’intelligence artificielle (IA), l’Europe profite d’une réorientation vers des secteurs moins risqués. L’écart de performance avec le S&P 500 américain atteint même son plus haut niveau depuis mars.
Les Bourses européennes profitent des incertitudes autour de l’IA
L’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 progressait de 0,3 % vendredi matin, porté notamment par les valeurs industrielles et les services financiers. Le secteur de la santé restait en retrait.

Sur l’ensemble de la semaine, l’indice européen gagne désormais 1,6 %. Les actions européennes font ainsi nettement mieux que le S&P 500 américain. L’écart de performance est le plus important depuis la semaine du 27 mars.
Cette évolution s’explique notamment par la prudence croissante des investisseurs à l’égard des valeurs liées à l’IA. Après l’engouement suscité par les entreprises du secteur, la volatilité accrue de leurs cours pousse les investisseurs à chercher des alternatives.
L’Europe en bénéficie. Les secteurs traditionnels occupent une place relativement importante sur les marchés européens. Leurs entreprises sont généralement moins dépendantes des fortes perspectives de croissance associées aux nouvelles technologies.
Des résultats d’entreprises bien orientés soutiennent également les Bourses européennes.
La banque centrale américaine rassure les marchés
Au-delà du désengagement des investisseurs des valeurs liées à l’IA, la politique monétaire américaine joue un rôle important.
Les investisseurs jugent désormais moins probable une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) ce mois-ci. Cette révision intervient après un discours de son président, Kevin Warsh, lors de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok.
Dans son intervention, Kevin Warsh n’a donné aucune indication sur l’évolution des taux ni sur les perspectives de l’économie américaine.
Les investisseurs ont dès lors revu leurs anticipations et attribuent une probabilité plus faible à une hausse des taux lors de la réunion des 27 et 28 octobre.
Des taux plus élevés renchérissent le coût du crédit pour les entreprises et les ménages. Ils peuvent aussi rendre les obligations plus attractives que les actions. L’atténuation des craintes d’un relèvement des taux peut donc soutenir les marchés d’actions.
Les risques n’ont toutefois pas disparu. Les prix élevés de l’énergie liés à la guerre avec l’Iran restent notamment un sujet de préoccupation majeur.
Guillermo Hernandez Sampere, responsable des activités de marché chez le gestionnaire d’actifs MPPM, estime que les indicateurs économiques favorables en zone euro soutiennent les Bourses. Il met toutefois en garde contre les conséquences des tensions géopolitiques et de l’accélération de l’inflation.
Selon lui, le marché obligataire mérite également une attention particulière. Les rendements des emprunts d’État de certains pays de la zone euro pourraient encore augmenter, accentuant la pression sur l’euro et la Banque centrale européenne (BCE).
Nordex et Commerzbank progressent à la faveur d’annonces favorables
Plusieurs valeurs ont également enregistré de fortes variations de cours vendredi.
Le fabricant allemand d’éoliennes Nordex a signé l’une des hausses les plus marquées. Son action a bondi de 13 % après la publication de résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes des analystes.
Nordex a également relevé son objectif de marge bénéficiaire pour l’ensemble de l’année. Les investisseurs ont salué cette amélioration des perspectives.
La banque allemande Commerzbank a elle aussi bénéficié d’une annonce favorable. Son action a progressé de 1,1 % après l’autorisation accordée par la BCE à la banque italienne UniCredit de renforcer sa participation dans son capital.
Cette décision rapproche UniCredit d’une éventuelle acquisition de la banque allemande. Elle donne à son directeur général, Andrea Orcel, davantage de latitude pour poursuivre son projet de rachat.
Les investisseurs continuent par ailleurs de suivre l’évolution de la guerre avec l’Iran et les prix élevés de l’énergie. Ces facteurs, conjugués aux prochaines décisions des banques centrales sur les taux, pourraient peser fortement sur l’orientation des marchés d’actions européens dans les semaines à venir.
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