Les Émirats arabes unis (EAU) ambitionnent d’opérer la moitié de leurs services gouvernementaux grâce à l’IA agentique d’ici 2028, établissant ainsi une nouvelle norme pour l’utilisation à grande échelle de la technologie autonome dans le secteur public.
Déploiement massif de systèmes autonomes
L’IA agentique se distingue des logiciels traditionnels. Tandis que les systèmes classiques dépendent de l’intervention humaine, ces solutions d’IA peuvent analyser des données, prendre des décisions et optimiser les processus de manière autonome.
En conséquence, ces systèmes agissent comme des participants autonomes au sein des flux opérationnels. Les EAU prévoient d’utiliser ces « agents IA » pour prendre en charge les tâches des fonctionnaires.
Le plan a été présenté le 23 avril lors d’une réunion du cabinet, marquant une nouvelle étape dans la stratégie à long terme du pays visant à placer l’intelligence artificielle au cœur de la gouvernance et des services publics.
L’objectif est d’utiliser l’IA non seulement comme outil de support, mais aussi comme acteur dans les processus gouvernementaux. Selon le vice-président et Premier ministre Mohammed bin Rashid Al Maktoum, l’IA jouera un rôle structurel au sein du gouvernement :
« L’IA deviendra notre partenaire exécutif au sein du gouvernement pour soutenir la prise de décision, améliorer les services, augmenter l’efficacité et même évaluer les résultats tout en apportant des améliorations en temps réel. »
La mise en œuvre s’accompagne d’une formation obligatoire sur l’IA pour tous les employés fédéraux. De plus, les ministres seront évalués sur la rapidité et la qualité de l’adoption de l’IA dans leurs départements. La refonte des processus existants constitue également un élément crucial.
La supervision de l’exécution est confiée à Mansour bin Zayed Al Nahyan, avec une taskforce spéciale dirigée par Mohammad Al Gergawi.
Développement stratégique depuis 2017
Ces plans ne viennent pas de nulle part. Les EAU investissent depuis plusieurs années dans l’infrastructure et les politiques en matière d’IA. En 2017, le pays a été le premier au monde à nommer un ministre de l’intelligence artificielle et a lancé la stratégie AI 2031.
Cette stratégie reposait sur la prévision que l’IA provoquerait un changement technologique fondamental. « L’intelligence artificielle est la prochaine grande révolution de notre époque. Notre objectif est de devenir l’un des pays les plus avancés dans ce domaine », a déclaré Mohammed à l’époque.
En 2020, un ministère dédié à l’IA, à l’économie numérique et au télétravail a été créé, posant les bases d’une intégration technologique accrue au sein des structures gouvernementales.
Bien que des pays comme l’Estonie et Singapour développent des initiatives similaires, l’approche des EAU se distingue par son ampleur et des délais concrets. Aucun autre pays n’a, jusqu’à présent, fixé un objectif comparable pour rendre la moitié de ses opérations gouvernementales autonomes en quelques années.
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