Le Parlement européen a exprimé son soutien à la fois pour une version en ligne et hors ligne de l’euro numérique. Cela marque un changement par rapport à une proposition antérieure qui prévoyait uniquement le développement d’une version hors ligne.
Ce choix augmente la probabilité que l’euro numérique soit disponible sous ces deux formes, comme prévu par la Banque centrale européenne.
L’euro numérique pour réduire la dépendance de l’Europe
Avec l’euro numérique, la Banque centrale européenne (BCE) cherche à réduire la dépendance vis-à-vis des géants américains des paiements tels que Visa et Mastercard. Cette dépendance devient de plus en plus sensible alors que les relations politiques et économiques entre l’Europe et les États-Unis sont sous pression. Selon la BCE, une monnaie numérique propre est nécessaire pour rendre l’infrastructure de paiement européenne pérenne.
Le Parlement a approuvé cette semaine un amendement plaidant explicitement pour l’utilisation de l’euro numérique en ligne et hors ligne. Cet amendement prend une importance particulière à l’approche des négociations cruciales au sein de la Commission des affaires économiques et monétaires, qui définiront la position parlementaire définitive.
Opposition à la proposition du rapporteur
Il est notable que cette décision aille à l’encontre de la position du rapporteur Fernando Navarrete. En octobre, il avait proposé de développer uniquement une version hors ligne de l’euro numérique. Selon lui, une version en ligne ne serait nécessaire que si le secteur privé échouait à créer une alternative satisfaisante.
Au sein de la BCE, cette idée est critiquée depuis longtemps. Le membre du conseil Piero Cipollone souligne que les fonctions en ligne et hors ligne se complètent. Ensemble, elles rendraient l’euro numérique plus similaire à l’argent liquide. Les paiements sans internet resteraient possibles, tandis que les transactions en ligne offriraient rapidité et commodité.
Le processus politique détermine le rythme
Bien que le soutien du Parlement européen croisse, l’euro numérique est encore loin d’être acquis. Les États membres et le parlement doivent d’abord s’accorder sur le cadre juridique. Les pays de l’UE ont déjà trouvé un accord, mais le parlement travaille encore sur sa position finale.
Si les deux parties parviennent à un accord l’année prochaine, la BCE pourrait débuter une phase pilote en 2027. Une adoption généralisée de l’euro numérique pourrait alors suivre vers 2029, marquant pour l’Europe une avancée significative vers une monnaie numérique propre, indépendante des réseaux de paiement commerciaux et de l’influence étrangère.
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