Hyperliquid (HYPE) fait aujourd’hui partie des valeurs en vue sur le marché crypto, avec une hausse de 5 % de son cours. Le mouvement s’est enclenché hier après l’annonce de démarches engagées par la plateforme de trading, très populaire, auprès des régulateurs à Washington afin de trouver une voie d’accès au marché américain.
Hyperliquid discute avec la SEC et la CFTC
Le média américain The Information a rapporté hier que des représentants d’Hyperliquid avaient mené, ces derniers mois, des discussions avec la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et la Securities and Exchange Commission (SEC), les deux principaux régulateurs des marchés aux États-Unis.
Hyperliquid fonctionne sur sa propre blockchain et aurait généré l’an dernier plus de 900 millions de dollars grâce aux contrats à terme perpétuels, des produits sans échéance permettant de spéculer sur les cours avec effet de levier.
Cette machine à revenus tourne pourtant sans le plus grand marché du monde. La plateforme ne dispose pas d’agrément de la CFTC et bloque donc elle-même l’accès aux utilisateurs américains.
Obtenir cette autorisation s’annonce toutefois difficile, car la réglementation américaine repose sur l’existence d’un intermédiaire chargé de conserver les fonds des clients. Hyperliquid est, à l’inverse, une plateforme décentralisée sur laquelle les utilisateurs négocient directement depuis leur propre portefeuille crypto.
« Notre principal objectif est de faire comprendre aux autorités les avantages d’une infrastructure financière fondée sur la blockchain », a déclaré Jake Chervinsky, directeur du cabinet de lobbying Hyperliquid Policy Center.
Son ambition est claire : convaincre les régulateurs d’interpréter leurs propres règles de manière à permettre malgré tout l’accès aux Américains. À défaut, de nouvelles règles devront être mises en place.
Avec le fournisseur de portefeuille Phantom, le cabinet a adressé le mois dernier une lettre à la CFTC. Sa demande : autoriser des acteurs régulés à exécuter des ordres sur la blockchain d’Hyperliquid.
Le cours du HYPE a gagné près de 5 % depuis hier et évolue désormais à son plus haut niveau depuis mercredi dernier. Depuis son point bas de mardi, il progresse déjà de près de 7 %, mais il se heurte désormais à une résistance solide.

Le Clarity Act n’apporte pas de solution
La voie parlementaire n’avance guère. Le Sénat a reporté au 15 septembre le vote sur le Clarity Act, qui nécessitera 60 voix.
Même promulguée, cette loi n’aurait toutefois guère changé la donne pour la plateforme. Elle concerne en effet le trading au comptant de cryptomonnaies et ne couvre pas les contrats perpétuels.
Fin mai, la CFTC a approuvé le premier contrat perpétuel américain sur le Bitcoin (BTC), proposé par le marché prédictif Kalshi. Chervinsky espère une décision similaire pour les marchés opérant sur la blockchain.
Les contrats liés à SpaceX attirent l’attention de la SEC
Le projet se heurte toutefois à un obstacle. Sur la plateforme, les traders spéculent aussi sur des actions comme SpaceX et sur des matières premières telles que le pétrole et l’argent.
Au deuxième trimestre, 32 % du volume des contrats perpétuels était lié à ces Real-World Assets (RWA), c’est-à-dire à des actifs de l’économie réelle. Les matières premières relèvent de la CFTC, mais les actions entrent dans le champ de compétence de la SEC.
C’est la raison pour laquelle Hyperliquid a également participé, à la mi-juillet, à un groupe de travail crypto de la SEC.
En avril, le volume quotidien des contrats perpétuels sur le pétrole sur Hyperliquid dépassait 700 millions de dollars, contre quelques millions par jour avant l’escalade dans le Golfe. Cette croissance n’a pas échappé aux places de marché établies.
CME Group et ICE ont demandé en mai à la CFTC d’exiger de la plateforme qu’elle sollicite elle-même un agrément, avec identification de chaque trader. Une position à l’opposé de l’exemption réclamée par Chervinsky.
Hyperliquid a jugé ces inquiétudes infondées, rappelant que chaque transaction sur la blockchain peut être vérifiée publiquement. Les traders qui se trouvent derrière ces opérations restent toutefois anonymes.
Chervinsky reconnaît lui aussi qu’une telle approbation représente « un défi pour les régulateurs ».
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