L’un des stratèges boursiers les plus optimistes de Wall Street devient plus prudent. Ed Yardeni a abaissé son objectif pour le S&P 500 à fin 2026, de 8 400 à 7 900 points. Un revirement notable, puisqu’il avait encore relevé sa prévision le mois dernier.
Le célèbre stratège s’inquiète surtout de la forte remontée des rendements obligataires américains. Il estime donc que le risque d’un repli du marché actions s’est accru pour les trois à six prochains mois. Yardeni reste toutefois optimiste sur l’économie américaine. Il ne prévoit toujours pas de récession.
Les taux élevés pèsent sur les valorisations
La principale raison de cette révision tient à la hausse des rendements des emprunts d’État américains. Lorsque les obligations offrent une rémunération plus attractive, les valorisations élevées des actions deviennent plus difficiles à justifier.
Yardeni abaisse ainsi son hypothèse de ratio cours/bénéfices pour le S&P 500 en fin d’année, de 19,8 à 18,6. Son objectif passe en conséquence de 8 400 à 7 900 points.
Ce changement de ton est notable. En août, Yardeni avait au contraire relevé son objectif de 8 250 à 8 400 points, en raison d’une croissance des bénéfices des entreprises américaines qu’il jugeait particulièrement solide. Il affichait alors l’une des prévisions les plus élevées de Wall Street.
Yardeni n’est d’ailleurs pas le seul stratège à se montrer plus prudent. Ohsung Kwon, de Wells Fargo, a abaissé cette semaine son objectif pour le S&P 500 de 7 950 à 7 700 points. Il met notamment en garde contre un ralentissement de la croissance des bénéfices et une montée des risques dans le secteur technologique.
Tous ne deviennent pas pour autant plus pessimistes. Les stratèges de Bank of America et de Tallbacken Capital Advisors, entre autres, ont au contraire relevé leurs prévisions cette semaine.
La décision de la Fed sur les taux pourrait peser sur les actions
Malgré son avertissement, Yardeni n’anticipe pas de ralentissement économique durable. Il estime toujours que l’économie américaine peut continuer de croître jusqu’à la fin de la décennie sans entrer en récession. Son objectif pour le S&P 500 à cet horizon reste donc fixé à 10 000 points.
Son précédent objectif de 8 400 points est désormais repoussé à la mi-2027. Sa prévision de bénéfice par action pour les entreprises du S&P 500 en 2027 reste elle aussi inchangée, à 425 dollars.
À court terme, l’attention se concentre surtout sur la Réserve fédérale. La banque centrale américaine doit annoncer mercredi une nouvelle décision de politique monétaire, et le marché intègre largement l’hypothèse d’une hausse des taux.
Cette décision pourrait précisément raviver les tensions sur les rendements obligataires qui préoccupent Yardeni. Selon le stratège, la combinaison d’une inflation plus élevée et d’une croissance économique plus faible serait particulièrement problématique pour les actions.
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