ABN Amro franchit une étape majeure vers l’automatisation. La banque présente une nouvelle stratégie dans laquelle l’intelligence artificielle occupe une place centrale. Les conséquences sont considérables : des milliers d’emplois vont disparaître, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi le personnel et les syndicats.
ABN Amro mise massivement sur l’IA et la réduction des coûts
La banque annonce que quelque 5 200 postes à temps plein disparaîtront dans les prochaines années. Cela représente plus d’un cinquième de l’ensemble des effectifs. Fin de l’an dernier, ABN Amro employait encore 25 600 personnes. Cette restructuration doit permettre de réduire davantage les coûts et de rendre la banque structurellement plus rentable.
Les départements où les tâches répétitives sont nombreuses seront particulièrement touchés. Les services clients, les opérations et les équipes administratives font partie des unités les plus durement frappées. Selon ABN Amro, l’intelligence artificielle reprendra une grande partie du travail manuel. Dans certaines équipes, comme celles chargées de la lutte contre le blanchiment d’argent, les effectifs pourraient être réduits jusqu’à 35 %.
Environ la moitié des suppressions de postes devrait se faire par attrition naturelle. Les syndicats s’attendent toutefois à ce que des licenciements contraints soient inévitables. FNV, CNV et De Unie parlent d’une onde de choc au sein de la banque. Ils jugent difficile à comprendre qu’un établissement rentable réduise ses effectifs de manière aussi drastique.
Les syndicats craignent une pression accrue sur les salariés qui resteront en poste. Ils réclament des dispositifs clairs pour les départs volontaires et un accompagnement solide pour les employés qui perdront leur emploi.
Une restructuration alignée sur l’ambition d’entrer dans le top 5 européen
Cette restructuration s’inscrit dans la nouvelle ligne stratégique menée par la CEO Marguerite Bérard. ABN Amro veut devenir l’une des cinq plus grandes banques privées d’Europe. La priorité est donnée à une croissance durable en Europe du Nord-Ouest. La transformation doit être achevée en 2028.
La réorganisation ne vient pas de nulle part. Plus tôt cette année, la banque avait déjà annoncé un gel des embauches et supprimé environ un millier de postes. ABN Amro vend également sa filiale Alfam à Rabobank. La finalisation de l’opération est attendue d’ici fin 2026.
ABN Amro explore la tokenized finance avec sa première obligation numérique
Parallèlement, la banque mise activement sur les nouvelles technologies. ABN Amro expérimente la tokenized finance et l’utilisation de la blockchain. En septembre, la banque a émis pour la première fois une obligation verte numérique de 5 millions d’euros via Tokeny, une plateforme qui fonctionne sur la technologie layer-2 de Polygon.
Polygon est une solution dite de layer-2 construite au-dessus d’Ethereum (ETH). Le réseau est conçu pour traiter les transactions plus rapidement et à moindre coût, tout en continuant à bénéficier de la sécurité d’Ethereum. La banque considère les obligations tokenisées comme un possible pilier de sa stratégie à long terme.
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